Au cœur des émotions de l’enfant

Isabelle Filliozat émotion enfant
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En novembre 2018 (oui, cela commence à dater), j’ai assisté à une conférence d’Anne Roussel, thérapeute parents-enfants formée auprès d’Isabelle Filliozat, sur les émotions chez l’enfant.

Non, les enfants ne font pas les choses pour nous embêter

Nous avons tous envie de partager des moments agréables avec nos enfants. Cependant, il ne s’agit pas que tout soit parfait. Chaque parent cherche à faire mieux, tâtonne au niveau des limites à tenir ou pas avec son enfant. Évidemment, nos émotions compliquent la tâche. Quoi qu’il en soit, nos enfants ne cherchent pas à nous embêter. Face à un même événement, chaque enfant réagira de manière différente et en fonction de l’adulte avec lequel il est. Eh non, il n’y a pas de mode d’emploi !

Finalement, s’il est infernal, c’est qu’il sait que nous n’allons pas le renvoyer. Il se sent en sécurité : vous êtes sa figure d’attachement principale. Il lâche ses frustrations accumulées dans la journée. Si c’est trop dur pour vous, demandez de l’aide. Aucun comportement ne vient sans raison. Qu’est-ce qui est en jeu ? Il faut se dire qu’il ne nous en veut pas. Les progrès en neurosciences dans l’étude des zones du cerveau nous permettent de mieux comprendre la gestion des émotions chez les enfants. Ainsi, dans les moments délicats, demandez-vous ce qu’est en train de vivre l’enfant comme émotion ou réaction de stress.

Émotion ou stress

Le stress correspond à des réactions globales du corps, pas utiles et non réparatrices. Fuir, attaquer, s’écraser sont des réactions archaïques ou instinctives liées au stress. Les émotions ont un côté réparateur avec le retour au calme après la décharge de l’émotion. Oui, nous pouvons exprimer la colère sans tout casser !

Avez-vous vu le film de Disney Vice-Versa ? C’est une bonne approche de la courbe du changement et des 5 grandes émotions :

  • la joie : ça renforce ;
  • la peur : c’est se protéger ;
  • la tristesse : ça permet de digérer. Nous sommes en lien en souvenir, mais il faut faire attention de ne pas transformer cela en drivers ;
  • la colère face à l’injustice, à une blessure, à un coup, à des frustrations : il faut vivre notre émotion pour reprendre notre puissance, nous sentir suffisamment forts. C’est une pression qui vient de l’intérieur qui permet de se « décabosser ». C’est finalement rompre, par exemple, le cycle de la honte des victimes qui vont se sentir coupables ;
  • le dégoût.

Bref, l’enfant s’adapte et garde les émotions en lui toute la journée. Il a donc besoin de décharger. Pour un tout petit, ça fatigue de faire tous ces efforts au cours de la journée.

Il existe aussi deux types d’émotions :

  • l’émotion juste : il faut savoir l’accueillir ;
  • l’émotion parasite : c’est une réaction de maintenant par rapport une situation passée. Que s’est-il passé dans la journée ? Il faut donc penser à transmettre les informations entre les différentes personnes qui s’occupent de l’enfant.

De l’importance de l’attachement

Connaissez-vous la figure du porte-avions ? Le porte-avion reste bien stable sur la mer. L’enfant est l’avion, il fait le plein de ses réservoirs, une fois qu’il est plein, il fait un petit vol. Il a confiance et prend de la distance. Quand il a besoin de remplir de nouveau son réservoir de l’attachement, il revient vers vous. Cela renforce son sentiment de sécurité et lui enseigne la puissance personnelle pour être autonome.

De plus, l’enfant a naturellement envie de faire plaisir aux parents et aux adultes qui l’entourent. Ainsi, il craint d’être responsable de ce qui ne va pas chez son parent. La parole est donc essentielle pour mettre des mots sur ce que nous sommes en train de vivre. Par ailleurs, nous attendons souvent dire des enfants qu’ils comprennent les choses. D’où les malentendus. D’où le sentiment d’échec chez les parents. Ainsi, parlez en JE, mais non en TU.

Maintenant, agissons !

Un enfant vit dans l’instant présent, il n’y a aucune préméditation. Caprice ? Manipulation ? Cela n’est pas avant 4 ans. D’ailleurs, le cerveau préfrontal, qui permet de gérer les émotions, est mature vers 25 ans !

Encourageons donc le champ des expériences comme mordre qui correspond à la période de l’oralité. Limitons l’usage du « non » pour le remplacer par le « stop », moins réprobateur. Finalement, c’est à nous d’adapter l’environnement quand l’enfant commence à ramper. Cela évite de lui demander un effort trop important pour lui. Parlons en positif en n’utilisant pas les négations. Par exemple, je vous dis « ne pensez pas à un éléphant rose », que se passe-t-il dans votre esprit ? Normalement, vous pensez à un éléphant rose ! De même, au lieu de punir, proposons des réparations. Votre enfant a renversé un verre d’eau : demandez-lui d’essuyer !

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