Le patrimoine romain en Rhône-Alpes

Daphne Michelas, historienne du patrimoine - Alba-la-Romaine MuséAl
©Daphné Michelas, historienne du patrimoine – MuséAl à Alba-la-Romaine

En 2004, j’étais stagiaire à la revue Notre Histoire (aujourd’hui disparue). L’une de mes missions fut de rédiger un guide pour visiter les sites romains en France. J’ai décidé de prendre le temps d’actualiser et de compléter ce guide en m’attaquant à la région Rhône-Alpes.  Eh oui, je distingue Rhône-Alpes de l’Auvergne. Pour quelle raison ? Tout simplement pour éviter de faire un article trop long… Petit tour d’horizon de ce patrimoine historique.

Ain

La Bresse, les Dombes, le Bugey, le pays de Gex… L’Ain est riche par la diversité de ses paysages, territoires et spécialités locales. Au moment de la conquête romaine, de grands peuples gaulois y avaient élu domicile : les Séquanes, les Éduens, les Allobroges.

Briord

De la période romaine ne subsistent que trois vestiges à Briord :

  • l’aqueduc souterrain de la Briarette long de 200 mètres environ qui traverse la colline du même nom ;
  • la nécropole et la basilique paléochrétiennes sur le site archéologique « Les Plantées », l’un des plus anciens témoignages de la christianisation des campagnes dans la région ;
  • le site funéraire « Sur plaine » avec un cippe du IIIe siècle.

Les nombreux trésors découverts lors des fouilles archéologiques réalisées entre 1956 et 1981 ont donné naissance au musée de Briord : vous y verrez les objets trouvés sur les différents sites de la commune.

Izernore

La vedette d’Izernore est son temple. À quelle divinité est-il dédié ? Personne ne le sait : les archéologues hésitent entre Mars et Mercure. En revanche, ses trois colonnes sont les seuls témoignages visibles de l’époque romaine d’Izernore. À quelques pas du temple se situe le musée archéologique qui présente le résultat des fouilles réalisées sur ce site archéologique.

patrimoine gallo romain archéologie izernore
©Musée archéologique d’Izernore

Ardèche

L’Ardèche ne se limite pas à ses marrons et à ses activités nautiques. Vous pouvez aussi y faire une halte culturelle pour visiter des 3 sites romains.

Alba-la-Romaine

L’implantation romaine à Alba est connue depuis des siècles. Les vignerons, en travaillant la terre, dégageaient déjà des fragments de colonnes, de mosaïques, de statues… Site de la cité antique Alba Helvorum, le territoire d’Alba-la-Romaine commence à être fouillé durant l’entre-deux-guerres avec la mise au jour du théâtre antique, d’un centre monumental et d’un sanctuaire. En libre accès toute l’année, ce site archéologique permet aux visiteurs de découvrir l’un des trois principaux pôles romains en région Rhône-Alpes.

Depuis 2013, vous pouvez poursuivre la découverte d’Alba-la-Romaine au MuséAl pour avoir les clés de lecture et de compréhension du site archéologique.

Daphné Michelas théâtre d'Alba-la-Romaine
©Daphné Michelas, historienne du patrimoine – Théâtre d’Alba-la-Romaine
Daphné Michelas, historienne du patrimoine - MuséAl d'Alba-la-Romaine
©Daphné Michelas, historienne du patrimoine – MuséAl d’Alba-la-Romaine

 Daphné Michelas, historienne du patrimoine - MuséAl d'Alba-la-Romaine
©Daphné Michelas, historienne du patrimoine – MuséAl d’Alba-la-Romaine

Bourg-Saint-Andéol

Bourg-Saint-Andéol conserve deux témoignages datant de de l’Antiquité romaine :

  • un bas-relief du dieu Mithra, une divinité d’origine iranienne, dont le culte était très répandu dans le monde romain au début de notre ère ;
  • un tombeau romain en marbre blanc visible dans l’église de Saint-Andéol.

Vivier

Enjambant l’Escoutay, le pont romain est le seul vestige visible de l’Antiquité romaine à Vivier : il se situait sur la voie de Valérien qui rejoint Alba-la-Romaine. Datant des IIe ou IIIe siècles de notre ère et long de 100 mètres, il ne conserve que 11 de ses arches.

Drôme

La Drôme, c’est chouette : il y a plein de fruits et de légumes. Vous pouvez aussi profiter de la nature avec un grand N. Pour compléter votre séjour drômois, voici 3 destinations pour vous plonger dans l’histoire romaine du département.

Die

Surtout connu pour sa clairette, Die révèle aussi à ses visiteurs son passé romain. Avec sa porte Saint-Marcel, le rempart de Die est le seul monument romain encore en élévation dans tout le département de la Drôme. Ainsi, pour en savoir davantage sur l’histoire romaine de Die, il faut se rendre au musée de Die et du Diois : il présente l’une des trois plus grandes collections lapidaires de l’époque gallo-romaine de la région Rhône-Alpes.

Donzère

À Donzère, lors des fouilles archéologiques de la villa de Molard, le plus grand cellier du monde romain a été mis au jour. Le petit musée de Donzère présente une maquette de la villa, aujourd’hui disparue.

Saint-Paul-Trois-Châteaux

Depuis 1986, le musée d’archéologie tricastine présente une riche collection d’objets archéologiques, issus des fouilles sur le territoire du Tricastin. Pour la période romaine, vous y trouverez principalement de la vaisselle et des lampes à huile.

Isère

L’Isère, ce n’est pas que le ski ! C’est aussi la culture. Si Grenoble propose déjà une belle offre de sites et de musées à visiter, le reste du département a aussi de quoi vous régaler pour explorer notre passé.

Aoste

Attention : ne pas confondre la Vallée d’Aoste en Italie avec le village d’Aoste en Isère, probablement fondé par Auguste. Connue sous le nom de Vicus Augustus, la cité vivait de la céramique comme en témoignent les collections du musée gallo-romain et le four antique conservé dans le village.

Saint-Romain-de-Jalionas

Découverte en 1967, la villa du Vernai a été bâtie par un aristocrate lyonnais ou viennois sur près de 15 000 m² : elle est considérée comme l’une des plus grandes villas du Sud de la France. Situé à une trentaine de kilomètres de Lyon, ce site est accessible toute l’année et toujours en fouilles.

Vienne

Capitale des Allobroges, Vienne est une ville antique qui s’étendait de chaque côté du Rhône (voir Saint-Romain-en-Gal / Département du Rhône). Elle possède un riche patrimoine antique :

  • le jardin archéologique de Cybèle (arcades d’un portique du forum, mur en grand appareil d’une salle d’assemblées municipales…) ;
  • la pyramide, seul vestige du cirque de Vienne ;
  • le théâtre antique où se déroule encore chaque année de grands événements culturels ;
  • la voie romaine ;
  • le mur d’enceinte du Haut-Empire ;
  • l’odéon ;
  • le temple d’Auguste et de Livie.

Pour compléter, vous pourrez aussi visiter le musée archéologique avec sa collection de sculptures antiques, le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie et la Salle du Patrimoine. Bref, à Vienne, vous aurez l’embarras du choix pour vous immerger dans l’histoire romaine !

Vienne_2
Temple d’Auguste et de Livie – Vienne

Loire

Pour explorer le patrimoine gallo-romain de la Loire, vous avez le choix entre deux destinations : Feurs et Violay. Si vous connaissez d’autres lieux ouverts au public dans le département, je serai curieuse de les découvrir pour enrichir cette section.

Feurs

Anciennement Forum Segusiavorum, Feurs ne conserve de son passé romain qu’une partie de la curie du forum. Pour en savoir davantage sur cette partie de son histoire, il faut vous rendre au musée d’Archéologie où est exposée une importante collection d’objets issus des fouilles : mosaïques, bornes milliaires, amphores permettent de comprendre la vie quotidienne des anciens habitants de la cité.

Violay

Dans une salle voutée de la maison de retraite de Violay se cache le petit musée archéologique où vous trouverez des objets gallo-romains provenant des fouilles réalisées dans la vallée de la Truche.

Rhône

Si Lyon et Saint-Romain-en-Gal sont connus pour la richesse de leur patrimoine archéologique romain, le département du Rhône possède d’autres témoignages exceptionnels de cette période historique.

Anse

De l’époque romaine, Anse conserve les vestiges de son enceinte construite dans la deuxième moitié du IIIe siècle : elle couvre environ 13 hectares. De plus, dans le château des Tours, une salle est dédiée à l’archéologie romaine : il y est présenté la mosaïque découverte sur le site de la Grange du Bief.

Chaponost

À Chaponost, venez admirer l’aqueduc du Gier au lieu-dit Le Plat de l’Air. Certes, ce n’est pas le pont du Gard mais ses 72 arcades nous rappellent le génie romain pour alimenter en eau les villes. Construit au Ier siècle de notre ère, il est le plus long des 4 aqueducs qui desservaient Lugdunum en eau. D’ailleurs, sur la colline de Fourvière à Lyon, d’autres éléments de l’aqueduc du Gier sont encore visibles comme à la cité universitaire André Allix et rue Roger Radisson.

Lyon

Par où commencer pour parler du patrimoine romain de Lyon ? Fondé en 43 avant notre ère par Lucius Munatitus Plantus, le site emblématique de Lugdunum  est celui des théâtres sur la colline de Fourvière. Je vais tenter de vous faire une liste (non exhaustive) des lieux où le passé romain vibre à Lyon :

  • musée gallo-romain de Lyon ;
  • site des théâtres sur la colline (théâtre, odéon, réservoirs de l’aqueduc du Gier, quartier antique) au pied du musée gallo-romain ;
  • thermes romains de la rue Farges ;
  • vestiges de l’Aqueduc du Gier situés de la rue Roger Radisson et à la cité universitaire André Allix ;
  • mausolées de Trion en haut de la montée de Choulans sur la colline de Fourvière ;
  • reproduction des Tables Claudiennes dans la cour du musée de l’Imprimerie, rue de la Poullailerie, en Presqu’île (l’original est conservé au musée gallo-romain de Lyon) ;
  • amphithéâtre des 3 Gaules sur les pentes de la Croix-Rousse.
Géraldine Froger, guide conférencière - Musée gallo-romain de Lyon
©Géraldine Froger, guide conférencière – Musée gallo-romain de Lyon
Géraldine Froger, guide conférencière - Musée gallo-romain de Lyon
©Géraldine Froger, guide conférencière – Musée gallo-romain de Lyon
 ©Géraldine Froger, guide conférencière - théâtre gallo-romain de Lyon
©Géraldine Froger, guide conférencière – Théâtre gallo-romain de Lyon
©Géraldine Froger, guide conférencière – Odéon gallo-romain de Lyon
©Géraldine Froger, guide conférencière – Odéon gallo-romain de Lyon

Saint-Romain-en-Gal

À Saint-Romain-en-Gal, situé en face de Vienne, a été mis au jour un quartier résidentiel et artisanal d’une centaine d’hectares. Ces découvertes ont donné naissance en 1996 au musée gallo-romain dont les collections sont issues des fouilles : mosaïques, objets de la vie quotidienne… Après la visite du musée, vous aurez la possibilité de déambuler sur le site pour admirer les vestiges de la maison du dieu Océan, les thermes des Lutteurs, la voie romaine en granit… Selon moi, c’est l’un des musées à ne pas manquer quand on s’intéresse à l’époque romaine : il vaut vraiment le détour ! Je l’ai visité déjà 2 fois et j’espère bien pouvoir y retourner une 3e fois.
saint romain en gal archéologie
©Patrick Ageneau – Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal
saint romain en gal archéologie
©Patrick Ageneau – Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal
saint romain en gal archéologie
©Patrick Ageneau – Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal

Savoie

Avant-dernière étape de notre périple gallo-romain en région Rhône-Alpes, la Savoie compte 3 destinations avec des vestiges ou des musées à visiter.

Aime-la-Plagne

Situé dans la Tarentaise, Aime-la-Plagne est en contrebas du domaine skiable de la Plagne. La cité antique, fondée par Auguste, s’appelait Axima, du nom du dieu romain Aximus, protecteur des sources. Elle se trouvait sur la grande voie romaine Alpis Graia qui reliait Milan à Vienne, via le col du Petit-Saint-Bernard. Du passé prestigieux romain, Aime ne conserve comme vestige visible que les bases d’un édifice romain, la basilique civile du forum, dans la basilique Saint-Martin. L’espace muséographique de la basilique Saint-Martin abrite une salle gallo-romaine et des inscriptions latines. En complément de la visite de la basilique Saint-Martin, le musée Pierre Borrione présente une collection de vestiges archéologiques antiques.

Patrimoine gallo romain la plagne archéologie
©Jean-François Paris – Musée Pierre Borrione

Aix-les-Bains

Le nom antique d’Aix-les-Bains, Aquae, signifie « eaux ». Ainsi, la présence de sources minérales chaudes à Aix-les-Bains a, sans nul doute, favorisé l’installation des Romains, grands amateurs de bains. De cette période, il subsiste :

  • le « temple de Diane »  et sa collection archéologique, situés dans l’Hôtel de Ville, qui ne sont visibles que lors des visites organisées par l’Office du tourisme ;
  • l’arc funéraire de Campanus dressé par Lucius Pompeius Campanus en l’honneur des morts de sa famille ;
  • les thermes historiques, témoignage de l’histoire du thermalisme à Aix-les-Bains de l’Antiquité à nos jours.

Albertville

Durant l’époque romaine, Albertville a connu la prospérité commerciale car la cité était située sur la voie romaine Alpis Graia reliant Milan à Vienne. Cependant, il ne reste aucun vestige visible de cette époque dans la ville. Seul le musée d’art et d’histoire d’Albertville présente des objets datant de la période romaine.

Haute-Savoie

Durant votre séjour en Haute-Savoie à vous initier aux plaisirs de la montagne, vous pourrez aussi découvrir une toute petite tranche d’histoire romaine.

Digny-Saint-Clair

À Digny-Saint-Clair et, aussi, à Naves-Parmelan, vous pourrez parcourir sur 150 mètres une portion de voie romaine. Dans le roc, à proximité du pont de Saint-Clair, une plaque commémorative d’époque romaine nous apprend que ce passage fut aménagé par Lucius Tincius Paculus.

Remerciements pour les photos :

 

Une autre échappée à découvrir

En route pour le Morvan

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *