Madame le ou la Ministre ?

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Petit clash hier soir au Sénat entre Brune Poirson, secrétaire d’État à l’Écologie, et Gérard Longuet, sénateur LR. Ce dernier, pour s’adresser à Madame Poirson, commence son intervention en disant « Madame le Ministre ». Cela n’a pas manqué de faire sortir de ses gongs la ministre. Elle lui a répondu en disant «Monsieur le sénateur, je veux bien croire que votre langue a fourché mais on dit « madame LA ministre »» et a ajouté «Je suis absolument désolée mais je vous demande de m’appeler « madame LA ministre », c’est comme ça. » Quelques heures après cet incident, Gérard Longuet est revenu sur les faits en affirmant que «Madame Poirson ignore qu’à cet instant en langue française, le neutre n’existant pas, le masculin est générique et vaut tant pour le genre masculin que pour le genre neutre ». Alors que devons nous dire madame le ou la Ministre ?

L’Académie française et la féminisation des titres

Gardienne du temple, l’Académie française précise sur son site, dans un article publié en 2014, qu’elle « n’entend nullement rompre avec la tradition de féminisation des noms de métiers et fonctions, qui découle de l’usage ». En revanche, elle rappelle  qu’« il résiste cependant à étendre cette féminisation aux fonctions qui sont des mandats publics ou des rôles sociaux distincts de leurs titulaires et accessibles aux hommes et aux femmes à égalité, sans considération de leur spécificité. » Pour quelles raisons ? L’individu, ici Brune Poirson, n’est pas titulaire de sa fonction : elle occupe le poste de secrétaire d’État à l’Écologie le temps de son mandat.

Les partisans de l’écriture inclusive

Médiatisée à l’automne 2017, l’écriture inclusive a pour vocation de faire progresser l’égalité homme – femme via notre manière d’écrire. Ainsi, nous devrions accorder, selon ses défenseurs et le Haut Conseil de l’Égalité entre les femmes et les hommes, en genre les noms de fonctions, de titres et de métiers. Néanmoins, lors de ce vif débat, Gérard Philippe, Premier ministre, a signé une circulaire le 22 novembre 2018 bannissant l’écriture inclusive dans les textes publiés au Journal officiel.

Dans les faits, choisir l’une ou l’autre des tournures sciemment en y ajoutant l’argument de la place des femmes dans la société apparaît révélateur d’une prise de position idéologique. Cependant, comme souvent dans ce type de cas, c’est l’usage qui, à terme, aura raison de la règle. Alors qui gagnera la bataille de la féminisation des titres, fonctions et métiers ?

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